Résumé (type Alençon) – avec correction

Résumé (avec correction)

Type Alençon

 

Des générations sacrifiées ?

La thèse est connue en France : les baby-boomers (nés dans l’immédiat après-guerre) auraient bénéficié d’un destin social exceptionnel (rentabilité des diplômes, carrières pleines, niveau de vie élevé …). A l’inverse, les  jeunes générations paieraient d’une forte précarité (chômage élevé, contrats précaires, déclassement) le fait d’être entrées sur le marché dans un contexte de crise, sans que des mesures de correction de ces inégalités générationnelles aient été mises en place.

Pour le sociologue Louis Chauvel, il s’agissait d’une grave injustice car il existe selon lui des ”effets cicatrices” : autrement dit, ceux qui ”ratent” leur début de carrière ne parviendraient jamais à rattraper complétement leur mauvais départ et connaitraient de moins bonnes trajectoires professionnelles.

Une hypothèse souvent dénoncée pour son pessimisme mais qui supposait, pour être testée, d’attendre que le temps s’écoule pour que l’on puisse observer la progression des dernières générations entrées dans la vie active. C’est ce que font deux publications récentes. Contre toute attente, leurs réponses sont diamétralement opposées !

La première étude est le fait de trois chercheurs de l’Insee qui ont étudié le devenir des cohortes sorties du système scolaire entre 1982 et 2010, mesuré par l’évolution de leur taux d’emploi et de leurs salaires. Ils comparent en particulier celles qui sont entrées sur le marché du travail en période de chômage élevé (1983-1986, 1993-1999, 2003-2006, et depuis 2008) aux autres. Résultat : d’une part, si les générations ”malchanceuses” ont plus de mal à trouver du travail, les différences de salaire sont à peine visible. D’autre part, ces générations rattrapent leur retard en trois à quatre ans, tant du point de vue de la rémunération que du taux d’emploi (le processus est un peu plus long pour les femmes). La conclusion de l’étude est claire : il n’y a pas d’effet cicatrice en France, où le rattrapage semble même plus rapide que dans d’autres pays. A noter cependant que les chercheurs ne se prononcent pas sur la crise de 2008, encore trop récente pour qu’ils aient pu en mesurer les effets.

La seconde étude nous vient de L.Chauvel lui-même. A l’aide de nouvelles données et d’une nouvelle méthode d’analyse, il compare l’évolution des niveaux de vie des générations nées entre 1920 et 1980, en France et aux Etats-Unis, sur la période 1985-2010. Au terme d’une complexe démonstration statistique, le sociologue confirme son diagnostic : en France, les générations nées autour de l’année 1950 bénéficient, toutes choses égales par ailleurs, d’un revenu 10% supérieur aux autres. A l’inverse, ”les cohortes nées dans les années 1970 connaissent au même âge un niveau de vie situé 18points de pourcentage en deçà de celui des premiers nés du baby-boom”. Mais surtout, ”le temps ne fait rien à l’affaire : pour une cohorte, quand on est relativement appauvri à 25ans, on le reste”. La force et la stabilité de cet effet cicatrice hexagonal sont soulignées par la comparaison avec les Etats-Unis, où il est inexistant. Certaines générations américaines qui avaient mal débutées (celles des années 1950 par exemple) ont vu leur revenu fortement progresser en milieu et fin de carrière, tandis que d’autres (celles des années 1940) ont suivi une pente inverse. Il n’y a donc pas de fatalité en matière d’inégalités intergénérationnelles, mais bien une influence profonde des modèles sociaux : ”La société française est une société de statuts marquée par la préférence des individus et des familles pour la conquête précoce d’une position définitive, pour une place protégée”, où l’on n’a guère le ”droit à l’erreur”.

La société américaine, elle, est davantage marquée par une fluidité qui favorise la ”mise à l’essai par les entreprise de jeunes travailleurs souvent pauvres, mais moins marqués par le chômage de masse durable à l’entrée dans la vie, et surtout susceptible de trouver une trajectoire ascendante, même si elle est tout à la fois plus aléatoire et en moyenne moins défavorable que dans le cas français”.

On n’y retrouve pas, en tout cas, l’importance et la permanence des inégalités de revenu constatées en France entre la génération née en 1950 et celle de ses enfants nés après 1970.

Si leurs conclusions sont opposées, les deux études ne sont pas à proprement parler contradictoires, étant donnée qu’elles ne mesurent pas l’effet cicatrice selon les mêmes indicateurs ni selon les mêmes populations. Il y a néanmoins là un signe de la difficulté persistante à interpréter la dynamique des inégalités intergénérationnelles en France, sujet sensible s’il en est. Pour L.Chauvel, en tout cas, l’affaire est entendue : après son étude, ”il n’est plus possible de dire que les inégalité de générations sont résiduelles (elles ne le sont pas plus que les inégalités de genre ou celles entre immigrés et autochtones) ni qu’avec le temps elles s’amélioreront par rattrapage, ni que la croissance générale apportera une solution, ni non plus qu’elles ne concernent que les plus modestes”. D’autres recherches viendront-elles bientôt troubler cette fière assurance ?

 

Correction : Idée de résumé

Contrairement aux baby-boomers, l’embauche des nouvelles générations demeure incertaine suite à la crise. Selon le sociologue Chauvel, une entrée professionnelle infructueuse induit des répercussions ultérieures; Deux enquêtes analysent cette théorie.

La première concerne l’évolution professionnelle et salariale de personnes diplômées entre 1982 et 2010. Malgré l’obtention ardue d’un emploi, leur statut égale en quelques années celui des baby-boomers. La seconde, menée par Chauvel, expose les changements sociaux entre 1985 et 2010 de Français et Américains nés entre 1920 et 1980. A âge égal et continûment sur leur vie active, les Français nés en 1950 possèdent un salaire supérieur ; ceux nés en 1970 voient le leur baisser. Les Américains ne subissent pas ce phénomène. Ainsi, l’influence des modèles sociaux est à considérer : les Français atteignent rapidement leur statut définitif alors que la position professionnelle des américains évolue.

Malgré des critères de considération différentes, ces enquêtes démontrent l’interprétation complexe de cette situation. Chauvet maintient toutefois sa vision. D’autres études amèneront-elles à reconsidérer la vision de Chauvet ?

 

!!! pas de %, faire des paraphrase

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