29 mécanismes de défense utilisés par le sujet en psychologie

La vie c’est la guerre à chaque instant, par tous les temps ! Mieux vaut savoir se défendre.

Pour lutter contre l’angoisse notre Moi élabore des stratégies pour se protéger.

Comprendre pour aider

Dans tous les secteurs d’activités, le thérapeute se heurte aux mécanismes de défense de ses patients. Améliorer la compréhension de ces phénomènes c’est améliorer la relation Patient/ Thérapeute.

Dans cet article vous trouverez tous les mécanismes de A à Z.

Définition des mécanismes de défense psychologiques :

Il s’agit de l’ensemble des opérations dont la finalité est de réduire, de supprimer toute modification susceptible de mettre en danger l’intégrité et la constance de l’individu bio-psychologique.

A l’origine

C’est Freud qui est le premier à utiliser le terme. Il définit les mécanismes de défense comme les différents types d’opérations dans laquelle peut se spécifier la défense. On s’accorde à dire que les mécanismes de défense sont utilisés par le Moi. Anna Freud reprend son père dans son ouvrage « le moi et les mécanismes de défense ».(1936). Elle présente la défense comme une activité active et indépendante du Moi destinée à protéger le sujet contre une grande exigence pulsionnelle.

Puis bien d’autres complètent la liste de Freud comme Mélanie Klein, J. Bergeret, J.Lacan, Valenstein, George Vaillant, Laplanche et Pontalis, Plutchik.

Le mécanisme de défense est un instinct de survie.

Ainsi l’homme parvient à conserver son intégrité en dépit des contraintes qui lui sont extérieures.

Quels sont les facteurs de stress susceptible de déclencher un mécanisme de défense ?

  •  La peur du surmoi – le surmoi peut s’opposer à ce qu’une pulsion puisse devenir consciente et obtenir satisfaction. Les mécanismes de défense luttent contre la pulsion.
  • La peur réelle – Lorsque la pulsion est considérée comme dangereuse
  • La crainte que l’intensité des pulsions ne devienne excessive.

Je prends ma pulsion, je lui mets une droite, un coup de pied. Je la renverse à plat ventre et je lui saute dessus pour qu’elle reste au sol. Et si jamais elle se relève, je prends mon sabre laser.

C’est pas si simple !

Lorsque nos défenses sont défaillantes et draconiennes, elles peuvent donner naissance a des névroses et psychoses sévères.

« Un sujet normal c’est celui qui possède de bonnes défenses c’est -à-dire assez diversifiées et assez souples pour permettre un jeu pulsionnel suffisant, n’opprimant pas le Ça et tenant compte de la Réalité sans inquiéter le Sur-Moi tout en permettant au Moi de s’enrichir constamment dans une relation à autre. »

Voici les 29 mécanismes de défense :

D’après: Les mécanismes de défense : Théorie et clinique par Serban Ionescu, Maris Madelaine Jacquet et Claude Lhote.

Mécanisme 1 : Activisme

Mécanisme 1 : Activisme

Gestion des conflits psychiques ou des situations traumatiques externes, par le recours à l’action, à la place de la réflexion ou du vécu des affects.

Mécanisme 2 : Affiliation

Mécanisme 2 : Affiliation

Recherche d’aide et soutien d’autrui quand on vit une situation qui engendre de l’angoisse.

Mécanisme 3 : Affirmation de soi par expression des sentiments

Mécanisme 3 : Affirmation de soi par expression des sentiments

En proie à un conflit émotionnel ou à un événement extérieur stressant, la personne qui utilise ce mécanisme de défense communique sans détour sentiments et pensées, d’une façon qui n’est ni agressive ni manipulatrice.

Mécanisme 4 : Altruisme

Mécanisme 4 : Altruisme

Dévouement à autrui qui perme au sujet d’échapper à un conflit.

Mécanisme 5 : Annulation rétroactive

Mécanisme 5 : Annulation rétroactive

Illusion selon laquelle il serait possible d’annihiler un événement, une action, un souhait, porteurs de conflits, grâce à la toute puissance d’une action ou un souhait ultérieurs, censés avoir un effet de destruction rétroactive.

Mécanisme 6 : Anticipation

Mécanisme 6 : Anticipation

Anticiper consiste, lors d’une situation conflictuelle, à imaginer l’avenir :

  •  en expérimentant d’avance ses propres réactions émotionnelles ;
  •  en prévoyant les conséquences de ce qui pourrait arriver ;
  • en envisageant différentes réponses ou solutions possibles.

Mécanisme 7 : Ascétisme de l’adolescent

Mécanisme 7 : Ascétisme de l’adolescent

Refus par l’adolescent de toutes les jouissances corporelles, même les plus innocentes. Ce mécanisme de défense est destiné à protéger le Moi contre les exigences pulsionnelles nouvelles qui sont source d’angoisse.

Mécanisme 8 : Clivage

Mécanisme 8 : Clivage

Action de séparation, de division du Moi (clivage du moi), ou l’objet (clivage de l’objet) sous l’influence angoissante d’une menace, de façon à faire coexister les deux parties ainsi séparées qui se méconnaissent sans formation de compromis possible.

Mécanisme 9 : Contre-investissement

Mécanisme 9 : Contre-investissement

Energie psychique du moi qui s’oppose à la tendance à la décharge de la pulsion. Force inconsciente contraire et moins égale à celle qui, en provenance du ça, cherche à parvenir à la conscience.

Mécanisme 10 : Dénégation

Mécanisme 10 : Dénégation

  • Refus de connaître comme siens, immédiatement après les avoir formulés, une pensée, un désir, un sentiment qui sont source de conflit ;
  • Refus par le sujet d’une interprétation exacte le concernant, formulée pas un interlocuteur.

Mécanisme 11 : Déni

Mécanisme 11 : Déni

Action de refuser la réalité d’une perception vécue comme dangereuse ou douloureuse pour le moi.

Mécanisme 12 : Formation réactionnelle

Mécanisme 12 : Formation réactionnelle

Transformation du caractère permettant une économie du refoulement, puisqu’à des tendances inacceptables sont substituées des tendances opposées, qui deviennent permanentes.

Mécanisme 13 : Humour

Mécanisme 13 : Humour

Consiste à présenter une situation vécue comme traumatisante de manière à en dégager les aspects plaisants, ironiques, insolites. C’est le cas seulement (humour appliqué à soi même) qu’il peut être considéré comme un mécanisme de défense.

Mécanisme 14 : Identification

 Mécanisme 14 : Identification

Assimilation inconsciente, sous l’effet du plaisir libidinal et/ou de l’angoisse, d’un aspect, d’une propriété, d’un attribut de l’autre, qui conduit le sujet, par similitude réelle ou imaginaire, à une transformation totale ou partielle sur le modèle de celui auquel il s’identifie. L’identification est un mode de relation au monde constitutif de l’identité.

Mécanisme 15 : Identification à l’agresseur

Mécanisme 15 : Identification à l’agresseur

Ce mécanisme désigne le fait qu’un sujet, confronté à un danger extérieur, s’identifie à son agresseur selon différentes modalités relevées par Laplanche et Pontalis.

  •  soit en reprenant à son compte l’agression telle quelle ;
  •  soit en imitant physiquement ou moralement la personne de l’agresseur ;
  • soit en adoptant certains symboles de puissance qui le caractérisent.

Mécanisme 16 : Identification projective

Mécanisme 16 : Identification projective

Mécanisme consistant en un fantasme dans lequel le sujet imagine s’introduire partiellement ou en totalité à l’intérieur de l’autre, tentant ainsi de se débarrasser de sentiments, de pulsions ressenties comme indésirables, et cherchant de cette façon à nuire, à posséder et à contrôler.

Mécanisme 17 : Intellectualisation

Mécanisme 17 : Intellectualisation

Recours à l’abstraction et à la généralisation face à une situation conflictuelle qui angoisserait trop le sujet s’il reconnaissait y être personnellement impliqué.

Mécanisme 18 : Introjection

 Mécanisme 18 : Introjection

Inclusion fantasmatique – de l’objet, d’une partie de celui-ci, ou du lien à ce dernier – qui sert de repère au moi pour l’appréhension de l’objet extérieur dont le détachement est alors possible.

Mécanisme 19 : Isolation

Mécanisme 19 : Isolation

Le terme isolation recouvre deux sens. Il peut désigner :

  • Une élimination de l’affect lié à une représentation (souvenir, idée, pensée) conflictuelle, alors que la représentation en question reste consciente ;
  • Une séparation artificielle entre deux pensées ou deux comportements qui en réalité sont liés, leur relation ne pouvant être reconnue sans angoisse par la personne.

Mécanisme 20 : Mise à l’écart

Mécanisme 20 : Mise à l’écart

Tentative de rejet volontaire, hors du champ de la conscience, de problèmes, désirs, sentiments, ou expériences qui tourmentent ou inquiètent un sujet.

Mécanisme 21 : Projection

Mécanisme 21 : Projection

Opération par laquelle le sujet expulse dans le monde extérieur des pensées, affects, désirs qu’il méconnait ou refuse en lui et qu’il attribue à d’autres, personnes ou choses de son environnement.

Mécanisme 22 : Rationalisation

Mécanisme 22 : Rationalisation

Justification logique, mais artificielle, qui camoufle, à l’insu de celui qui l’utilise, les vrais motifs (irrationnels et inconscients) de certains de ses jugements, de ses conduites, de ses sentiments, car ces motifs véritables ne pourraient être reconnus sans anxiété.

Mécanisme 23 : Refoulement

Mécanisme 23 : Refoulement

Rejet dans l’inconscient de représentations conflictuelles qui demeurent actives, tout en étant inaccessibles à la prise de conscience. Le retour du refoulé, dont les conséquences peuvent être anodines ou pathologiques, intervient en cas d’échec ou d’insuffisance du refoulement.

Mécanisme 24 : Refuge dans la rêverie

Mécanisme 24 : Refuge dans la rêverie

Mécanisme qui consiste en un recours – dans une situations de conflit psychologique ou lorsque le sujet est confronté à des facteurs stressants – à une rêverie diurne excessive se substituant à la poursuite de relations interpersonnelles à une action en principe plus efficace ou à la résolution des problèmes.

Mécanisme 25 : Régression

Mécanisme 25 : Régression

Retour – plus ou moins organisé et transitoire – à des modes d’expression antérieurs de la pensée, de conduites ou des relations objectales, face à un danger interne ou externe susceptible de provoquer un excès d’angoisse ou de frustration.

Mécanisme 26 : Renversement dans le contraire

Mécanisme 26 : Renversement dans le contraire

Mécanisme où une pulsion conflictuelle est, non seulement refoulée, mais aussi remplacée par la pulsion opposée.

Mécanisme 27 : Retournement contre soi même

Mécanisme 27 : Retournement contre soi-même

Refus inconscient par un sujet de sa propre agressivité, qu’il détourne d’autrui pour la reporter contre lui même. Ce mécanisme de défense peut être à la source de sentiments de culpabilité, d’un besoin de punition, d’une névrose d’échec, de tentative d’autodestruction.

Mécanisme 28 : Retrait apathique

Mécanisme 28 : Retrait apathique

Détachement protecteur, fait d’indifférence affective, de restriction des relations sociales et des activités extérieures, et de soumission passive aux événements, qui permet à une personne de supporter une situation très difficile.

Mécanisme 29 : Sublimation

Mécanisme 29 : Sublimation

  • désexualisation d’une pulsion s’adressant à une personne qui pourrait (ou qui a pu) être désirée sexuellement. La pulsion, transformée en tendresse ou en amitié, change de but, mais son objet reste le même ;
  • dérivation de l’énergie d’une pulsion sexuelle ou agressive vers des activités valorisées socialement (artistiques, intellectuelles, morales). La pulsion se détourne alors de son objet et de son but (érotique ou agressif) primitifs, mais sans être refoulée. C’est le plus habituel.

Cette liste de mécanismes de défense n’est pas exhaustive, mais résume les plus rencontrés en psychologie.

Conclusion :

Nous avons chacun nos propres mécanismes de défense. Sans eux nos angoisses nous rendraient la vie impossible.

“Moi, c’est mon flingue.” James Bond

 

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