Comment est née la psychomotricité ? 

genèse

La psychomotricité a pour but d’agir, par l’intermédiaire du corps, sur les fonctions mentales, instrumentales et comportementales perturbées. Elle tend à maximiser le développement et l’adaptation du sujet, sur le plan moteur, affectif, social et cognitif tout en prenant en compte la personnalité et l’environnement de celui-ci.

Comment est née la psychomotricité ? 

Au XXème siècle, le champ du savoir sur le corps et l’esprit se disperse en plusieurs modèles: la psycho-physique neurologique, la psychanalyse, la psychosomatique, la psychiatrie et enfin la phénoménologie.

C’est de ces multiples façons de penser l’être humain que la psychomotricité est née, située au carrefour des multiples regards et des innombrables savoirs sur le corps et le fonctionnement psychique.

 Il ne s’agit pas de juxtaposer l’âme et le corps, pas même par des subtilités sémantiques, mais de déplacer la problématique cartésienne et de reformer les rapports entre l’âme et le corps, que toute philosophie classique oppose l’un et l’autre, même si elle affirme parfois leur unité.  − J-C Coste.

La genèse d’un nouveau concept

Le terme psychomotricité a été initialement conçu en Allemagne en 1844 par Wilhelm Griesinger (1817-1868), fondateur de la neuropsychiatrie, dans sa description de l’hypotonie des déprimés. Le terme psychomoteur est alors utilisé dans les observations cliniques visant à décrire les manifestations posturales et motrices des troubles psychiques. Dans la fin du XIXème siècle, les neuropsychiatres vont s’attacher à préciser ces observations cliniques en les associant à leurs recherches en neuro-anatomie : en 1872, les premières cartographies du cerveau apparaissent et situent une « aire psychomotrice » qui concerne l’idéation et la commande du mouvement

En France, la psychomotricité fut introduite par Ernest Dupré (1862-1921), au début du XXème siècle. En 1907, il écrit dans une étude sur la neuropsychiatrie infantile : « Le syndrome de débilité motrice et ses rapports avec la débilité mentale», où il souligne le rapport entre les acquisitions motrices et le développement intellectuel. Il introduit le terme de débilité motrice : perturbation tonique, maladresse des mouvements et réflexes anormaux amenant à l’impossibilité d’effectuer une action volontaire.

La rééducation psychomotrice

C’est au milieu des années 1930 que le début des pratiques psychomotrices émerge. Il s’agit d’exercices physiques cherchant à améliorer la façon d’utiliser son corps. Pierre Pétat, professeur d’éducation physique spécialiste de gymnastique médicale et Edouard Guilmain, directeur de classes de perfectionnement, définissent, chacun à leur manière, les principes d’action des exercices du corps pour remédier à des troubles psychologiques.

Pétat et Guilmain sont tous deux des précurseurs de la rééducation psychomotrice. Cependant, leurs découvertes, chronologiquement situées entre les deux guerres, n’ont pas pu être montrées au public. Ils travaillent conjointement dans une période historique difficile: étudier l’anatomie permet d’optimiser les forces humaines. Un corps sain permet d’assurer les grandes fonctions intellectuelles. Parallèlement d’autres théoriciens s’intéressent plus particulièrement à la question de la genèse de l’intelligence.

Julian de Ajuriaguerra

Julian de Ajuriaguerra (1911-1993) apporte une nouvelle manière de penser le soin en pédopsychiatrie. Il reprend des concepts de psychologie, de la psychiatrie de Clérambault, Guiraud et Marchand, de la Neurologie de Lhermitte, mais aussi d’André Thomas avec qui il collabore pour concevoir ses propres théories. Il réunit les réflexions des psychanalystes tels que Sigmund Freud et Mélanie Klein et est fortement influencé par la phénoménologie de Merleau-Ponty. Il est, pendant un temps, le disciple du psychologue Henri Wallon et s’appuie sur ses travaux fondés sur les interrelations, les émotions et le tonus. Il y intègre l’œuvre de  Jean Piaget sur les stades de l’intelligence sensorimotrice. Plus tardivement, il s’intéresse à la biologie, et plus particulièrement, à la génétique. Sa vision globale permet l’émergence véritable de la psychomotricité.

Dès lors, divers courants, issus de plusieurs origines s’unissent grâce à la pensée d’Ajuriaguerra et de Gisèle B. Soubiran. Le concept de psychomotricité se diffuse progressivement dans la thérapeutique entre 1950 et 1960.

Les désordres psychomoteurs ne répondent pas à une lésion en foyer. Ils oscillent entre le neurologique et le psychiatrique, entre le vécu plus ou moins voulu et le vécu plus ou moins subi, entre la personnalité totale plus ou moins présente et la vie plus ou moins jouée.  Julian de Ajuriaguerra

La création d’une profession

La rééducation psychomotrice accompagne l’enfant en échec scolaire. Néanmoins cette pratique s’avère insuffisante si l’enfant souffre de troubles profonds de la relation et de l’identité. C’est pourquoi se crée en 1961, le Diplôme de Rééducateur en Psychomotricité. Le Diplôme d’Etat de Psychorééducateur est créé en 1974. Il faut attendre 1985, pour que le terme de “psychorééducateur” soit remplacé par celui de “psychomotricien”.

La psychomotricité s’est complexifiée durant le XXème siècle et a beaucoup évoluée. Les avancées dans les neurosciences, la psychologie et les études sur le développement moteur et psychique ont permis cette évolution.

Conclusion

L’intérêt croissant pour l’individu comme être entier s’étend au XXI siècle, entrainant un essor de la psychomotricité.

La personne est alors étudiée en prenant en compte son corps, son psychisme et son affectivité de façon associée et liée.

L’être humain est perçu au travers de ses trois dimensions : biologique, psychologique et sociale.

crédit photo:  code poet

,

2 réponses à Comment est née la psychomotricité ? 

  1. Maman dessine de mon enfant dessine 16 avril 2013 à 9:06 #

    Bonjour,
    Je suis une de vos lectrice et l’auteur de http://www.enfantdessine.com.
    J’ai découvert votre blog il y a quelques semaines, et je l’apprécie. Je suis aussi la maman d’une petite (grande maintenant) qui a fait quelques scéances de psychomotricité parce qu’elle marchait sur ses fesses et ne voulait pas changer de position, alors je suis convaincue de l’utilité de votre métier!
    Je vous écris pour vous dire que vous avez été tagué:
    Voilà j’ai été taguée moi même par une blogueuse, la règle est simple- faut dire 7 choses sur vous même et passer le relais à 15 blogueurs
    Avez-vous envie de participer? Voici le lien:
    http://www.enfantdessine.com/7-trucs-sur-maman-dessine/

  2. Rose kendie 14 novembre 2017 à 10:27 #

    Oui j’aimerais bien participation parce que cette méthode est vraiment bonne.

Laisser un commentaire